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Je souhaîte réaliser une partie de mes travaux moi-même, est-ce possible avec un architecte?



Karine Guerin

Nes-n'co Architecture

Fabien Perret

Fabien Perret Architecture SARL

La Loi du 4 janvier 1978 dite loi Spinetta, impose aux constructeurs et entreprises de construction à contracter une assurance de responsabilité civile décennale (RCD) et au maître d’ouvrage ou propriétaire à souscrire une assurance dommage d’ouvrage (DO). La DO permet d’assurer une prise en charge immédiate du coût des réparations quelles que soient les responsabilités des entreprises sur les travaux défaillants.

Lorsque vous engagez des travaux avec un constructeur (architectes, entreprises..) c’est sa RCD qui est engagée en cas de sinistre. Globalement, si vous travaillez avec un architecte :

  • Pour une mission simple (réalisation des documents administratif de permis) ou partielle (réalisation des documents techniques pour les entreprises) c’est la responsabilité de celui qui va effectuer les travaux qui est mise en jeu.
  • Pour une missions complète (de l’esquisse à la réception de chantier ou le cas échéant jusqu’à la levée des réserves), c’est l’architecte qui sera tenu responsable des dommages sur l’ouvrage : il est tenu de vérifier durant le chantier le respect des plans d’exécution et la mise en œuvre dans les règles de l’art. Il a une obligation de conseil tout au long du déroulement du projet. Sa responsabilité décennale couvre les dommages qui rendent l’ouvrage impropre à sa destination et est mise en cause s’il y a affection à la solidité de l’ensemble.

Donc, si vous engagez des travaux par vous-même, ne touchez pas à ce qui a été réalisé sous le chef de l’architecte car les garanties ne pourront être tenues en cas de sinistre. Les travaux que vous avez entrepris seront sous votre entière responsabilité et annuleront celle de l’architecte ou/et des entreprises (structure, électricité, plomberie…). D’autre part, attention, l’assurance habitation peut aussi être mise en porte-à-faux ! Vous pouvez alors vous afférer aux travaux d’embellissement de la maison mais prenez bien garde aux temps de séchage et aux besoins des supports…

Si vous réalisez une partie des travaux avec un suivi d’architecte, le plus simple est de clarifier les interventions, et donc les responsabilités de chacun, en deux temps. Dans un premier temps, définir la mission de l’architecte et la clôturer avec une réception de chantier et seulement dans un deuxième temps, prévoir votre intervention.

En ce qui concerne les finitions que vous pouvez engager et la rentabilité d’une telle opération, entreprendre la réalisation des travaux dépend de votre capacité de bricoleur et de connaissances en construction, de votre temps disponible, de votre énergie mais aussi des fournisseurs de matériaux que vous avez choisi. Ce qui est proposé en grandes surfaces de bricolage, à des prix pas forcement compétitifs, n’aura pas la même qualité que ce que pourra vous proposer un artisan.

Sachez qu’en cas de revente dans les 10 années qui suivent la fin de chantier de votre bien et si vous n’avez pas de DO, votre habitation peut subir une dévalorisation (notification sur l’acte du notaire du défaut d’assurance) et s’il arrive un sinistre, c’est vous qui serez responsable des vices jusqu'à expiration des 10 années. Toujours dans le même cas de revente, de plus en plus de diagnostiques sont demandés : on avait le plomb, amiante, thermites, le diagnostique de performance energétique (depuis novembre 2006), mais on peut ajouter le diagnostique gaz depuis novembre 2007 (vérification des conduites mais aussi des aérations, ventilation de l’habitation), et la conformité de mise aux normes d’électricité pour tous les bâtiments en vente en mars 2008.

Faire appel à un architecte jusqu'à la finition de l’ouvrage c’est garantir la sécurité de l’ensemble, une réalisation dans les règles de l’art, dans un délai défini, et une finition esthétique définie. Construire tout ou en partie soi-même, est plus un choix de vie, de disponibilités (durée de chantier), de tactique financière (division des travaux en plusieurs phases), qu’un choix réel d’économie. Ce que vous gagnerez dans un domaine sera perdu dans l’autre. A chacun de trouver sa balance !

Dans tous les cas il est nécessaire de définir, dés le début de vos rencontres avec l’architecte, votre désir et niveau d’intervention. Il vous conseillera au cas par cas.


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Cela arrive couramment que le lot peinture soit à la portée des clients, ce qui ne me pose pas de problèmes. Le chantier est réceptionné avant qu’il ne soit fini totalement.

Lorsque le client souhaite s’invertir plus en amont dans le chantier, au stade du second oeuvre, cela devient plus complexe pour établir les limites des prestations de chacun. L’architecte peut engager sa responsabilité sur les lots gros œuvre hors d’eau/hors d’air et laisser le client finir le second œuvre, dans ce cas c’est clair.

Par contre, il arrive que le client souhaite s’occuper soit de la plâtrerie, soit de l’électricité, soit de la peinture, et là cela pose souvent problèmes. Ces trois corps de métiers sont fortement liés. Il est bien difficile de donner des recommandations tant techniques que de planification au client/artisan.

Le travail de l’architecte se trouve alors plus flou, il n’est pas rare que le contrat de confiance entre les deux parties soit rompu à ce stade, cela m’est arrivée.

Les prestations de chacun doivent être clairement définies au départ du projet.
La confiance entre l’architecte et son client est le moteur du projet.


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